La Corée du Sud prépare de nouvelles déclarations sur les transferts de cryptomonnaies, Bitcoin compris. Un projet de suivi mensuel des soldes suscite toutefois des critiques. Au 23 octobre 2026, son périmètre reste en discussion : il ne faut pas présenter ce scénario comme une règle définitivement arrêtée.
En bref
Le gouvernement vise une application le 3 décembre 2026, après la consultation sur le décret. Les plateformes devront communiquer certaines opérations à la Banque de Corée. En revanche, le suivi des avoirs et la reprise de l’historique depuis juillet 2024 peuvent encore évoluer.
Des transferts déclarés par les prestataires
Le ministère de l’Économie et des Finances a présenté son projet de décret pour consultation du 7 au 26 octobre. Il couvre notamment les transferts entre prestataires nationaux et étrangers, ainsi que ceux reliant un prestataire national à un portefeuille personnel.
La Banque de Corée centraliserait les informations dans son système de change. L’administration fiscale, les douanes, le superviseur financier et la cellule de renseignement financier pourraient les exploiter. Le gouvernement présente ce dispositif comme un outil contre les opérations de change illégales.
Selon le manuel décrit dans la presse sud-coréenne, les prestataires déclareraient les opérations au plus tard à 11 heures le jour ouvrable suivant. Les informations comprendraient les identités, les actifs, les montants et les détails des transferts.
Le suivi mensuel reste négociable
Le manuel obtenu par le député Park Soo-young envisage aussi une déclaration des avoirs de fin de mois. Sa version initiale vise les utilisateurs ayant effectué un transfert transfrontalier depuis le 19 juillet 2024. Elle inclut les comptes dormants, les actifs retirés de la cotation et les placements en staking.
Le bureau du député chiffre cette population à 1 272 878 utilisateurs sur les cinq principales plateformes, jusqu’au 30 septembre 2026. Ce décompte ne constitue pas la liste définitive des personnes qui seront soumises au futur dispositif.
Cependant, les précisions de la Banque de Corée rapportées le 23 octobre nuancent cette première version. Elle étudie un démarrage de l’historique au 3 décembre et un périmètre mensuel réduit. Elle prévoit de finaliser les modalités en novembre, après concertation.
Ce que cela signifie pour un détenteur de bitcoins
L’obligation décrite repose sur les prestataires et leurs données. Elle ne signifie pas que la banque centrale accéderait automatiquement à chaque portefeuille Bitcoin. Le reportage sud-coréen distingue notamment les transferts directs entre portefeuilles personnels, sans intermédiaire, du dispositif de déclaration des plateformes.
Une adresse publique ne contient pas, à elle seule, un état civil. En revanche, le rapprochement avec un compte identifié peut relier identité et opérations. Ce débat rejoint les questions soulevées dans notre article sur la déclaration des portefeuilles privés en France. Les textes et les juridictions restent différents.
🔍 DUC, mon avis
La question centrale concerne la proportionnalité : quelles données collecter, sur qui et pendant combien de temps ? Je refuse de confondre un transfert avec une présomption de fraude. Mais une critique sérieuse exige aussi de distinguer le projet initial de sa version finale. Le registre public de Bitcoin et le fichier nominatif d’une administration sont deux choses différentes.
✍️ DUC
Sources : Ministère sud-coréen — projet de décret · Seoul Economic Daily — manuel et précisions du 23 octobre · BusinessKorea — périmètre encore discuté
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