Le 17 juin 2025, un projet de loi a été présenté au Parlement ukrainien (la Verkhovna Rada) visant à autoriser la Banque nationale d’Ukraine (BNU) à acquérir et détenir des cryptomonnaies, dont le Bitcoin, dans ses réserves officielles. Dans un contexte économique dramatique, cette initiative pourrait marquer un tournant majeur dans la gestion des réserves monétaires en temps de guerre.
Le projet de loi 13356, cosigné par le député Yaroslav Zhelezniak et soutenu par plusieurs figures du secteur numérique ukrainien, ambitionne de permettre à la BNU d’utiliser des « actifs virtuels » pour ses opérations de réserve, de remboursement et même de paiement des intérêts envers des créanciers internationaux.
Une initiative inédite au cœur d’une crise sans précédent
Depuis le début de l’invasion russe en 2022, l’Ukraine traverse une crise économique et monétaire d’une ampleur exceptionnelle. L’inflation de la hryvnia dépasse 15 %, les importations dépendent fortement des réserves en devises, et le pays accumule les dettes auprès du FMI et des partenaires internationaux.
Dans ce cadre, le projet de loi n’impose pas l’adoption du Bitcoin comme actif de réserve, mais autorise la banque centrale à y recourir si elle le juge utile. Selon Zhelezniak, cela pourrait renforcer la stabilité macroéconomique et favoriser l’innovation numérique nationale.
Fait notable, l’article 6 du texte prévoit également que ces cryptomonnaies puissent être utilisées pour rembourser des dettes internationales, y compris sous forme d’intérêts, à des institutions comme le FMI, d’autres banques centrales, ou encore des créanciers privés.
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Le rôle de Binance et de la communauté crypto ukrainienne
Le projet bénéficie du soutien de l’écosystème crypto local. Dans une vidéo diffusée publiquement, Zhelezniak échange avec Kyrylo Khomiakov, directeur régional de Binance pour l’Europe centrale et orientale. Binance accompagne plusieurs gouvernements sur leurs politiques de réserve en cryptomonnaies, et collabore activement avec les autorités ukrainiennes depuis le début du conflit.
L’expert en intelligence artificielle Petr Bilyk a également contribué à la rédaction du texte. Cela illustre la volonté de l’Ukraine de s’appuyer sur ses talents technologiques pour bâtir un cadre de gestion moderne, malgré les pressions géopolitiques.
Peut-on parler de réserve stratégique Bitcoin ?
Si le texte est adopté, l’Ukraine pourrait théoriquement constituer une réserve officielle de Bitcoin. D’après des estimations non vérifiées, l’Ukraine aurait déjà à disposition environ 46 351 BTC (soit plus de 4 milliards d’euros), notamment issus de dons, de saisies judiciaires ou d’actifs détenus par des responsables politiques.
Cependant, ces avoirs ne sont ni officiellement reconnus ni contrôlés par la Banque nationale. Leur utilisation potentielle comme réserve reste donc hypothétique à ce stade.
Les limites économiques et politiques d’un tel projet
Le FMI, principal créancier de l’Ukraine, s’oppose depuis longtemps à la détention de Bitcoin par les banques centrales, comme l’a montré le cas du Salvador. L’Ukraine, fortement endettée et en négociation constante avec ses bailleurs, devra probablement obtenir leur aval pour toute utilisation effective du Bitcoin comme actif de réserve.
Par ailleurs, une grande partie des 44,5 milliards de dollars de réserves actuelles de la BNU est mobilisée pour financer les importations vitales (céréales, énergie, armes, médicaments). Le pays dispose donc de peu de marges pour affecter une partie de ses actifs à des cryptomonnaies volatiles.
Néanmoins, le texte n’exclut pas l’usage de stablecoins (USDC, USDT), qui pourraient avoir une valeur pratique dans les paiements internationaux, notamment dans les filières agricoles et technologiques.
Vers une nouvelle ère pour les banques centrales ?
L’initiative ukrainienne s’inscrit dans un mouvement plus large. De plus en plus de banques centrales dans les économies émergentes examinent la possibilité de compléter leurs réserves avec du Bitcoin ou des actifs numériques. Le BTC, comme l’or, offre un stockage souverain, une résistance à la censure et une protection contre l’inflation monétaire externe.
Si l’Ukraine adoptait formellement cette loi, elle deviendrait le premier pays européen à accorder un statut monétaire officiel au Bitcoin dans ses réserves centrales. Cela enverrait un signal fort, aussi bien aux créanciers internationaux qu’à l’industrie des cryptomonnaies.
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Cette décision est aussi audacieuse que symbolique. L’Ukraine n’a rien à perdre et pourrait, en cas d’adoption, s’imposer comme pionnière parmi les banques centrales du « second monde ». À condition que cela ne soit pas perçu comme une manœuvre spéculative, mais bien comme une stratégie monétaire alternative pour préserver la valeur nationale.
Si elle parvient à convaincre ses partenaires (notamment le FMI) et à utiliser des cryptos déjà détenues ou saisies, l’Ukraine pourrait poser les bases d’un précédent fort. Cela ouvrirait la voie à d’autres nations fragilisées qui cherchent à sortir de la dépendance aux devises inflationnistes ou à l’or physique.
✍️ Rédigé par DUC, fondateur de Bitcoin-Crypto.fr
📌 Source : BitcoinBlog.de

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