Le Pakistan poursuit le développement de son cadre réglementaire pour les actifs numériques. Cependant, une récente fatwa déclarant illicites certaines transactions réalisées avec des cryptomonnaies, dont l’USDT, relance le débat sur leur compatibilité avec la finance islamique.
Cette prise de position intervient alors que le pays souhaite devenir l’un des acteurs majeurs des actifs numériques en Asie, avec un projet de stablecoin souverain, une réserve nationale de bitcoins et un système de licences pour les entreprises crypto.
📖 PVARA : Le Pakistan ouvre la voie aux crypto-actifs
Une fatwa remet en question l’utilisation des cryptomonnaies
La fatwa, publiée par plusieurs érudits de la Jamia Darul Uloom de Karachi sous l’autorité du mufti Taqi Usmani, considère que les cryptomonnaies ne constituent pas un « maal » (une richesse reconnue) selon la charia.
Le texte vise notamment l’USDT et estime que des achats réalisés avec cette cryptomonnaie, qu’il s’agisse de biens physiques ou de services numériques, ne sont pas juridiquement valables au regard de la loi islamique.
Le régulateur appelle à une analyse au cas par cas
À la suite de cette publication, le président de la Pakistan Virtual Assets Regulatory Authority (PVARA), Bilal bin Saqib, a rencontré le mufti Taqi Usmani afin d’échanger sur cette question.
Selon Bilal bin Saqib, il ne faut pas considérer tous les actifs numériques comme une seule catégorie. Les blockchains, les stablecoins, les actifs du monde réel tokenisés et les autres applications reposent sur des mécanismes différents et méritent donc une évaluation technique et religieuse distincte.
Le Pakistan poursuit malgré tout sa stratégie numérique
Le débat intervient alors que le Pakistan accélère fortement son développement dans le secteur des actifs numériques.
Le pays a adopté une loi créant la PVARA, chargée de délivrer des licences aux plateformes d’échange, aux dépositaires et aux émetteurs de jetons.
Les entreprises souhaitant obtenir une licence devront toutefois démontrer que leurs activités respectent les principes de la finance islamique.
Le gouvernement travaille également sur plusieurs projets majeurs, notamment un stablecoin souverain, la tokenisation d’actifs publics, une réserve nationale de bitcoins ainsi que l’allocation de 2 000 mégawatts d’électricité destinés au minage de Bitcoin et aux centres de données liés à l’intelligence artificielle.
Un débat qui pourrait influencer toute la réglementation
La principale question porte désormais sur la manière dont les autorités religieuses distingueront les différentes catégories d’actifs numériques.
Les stablecoins adossés à une monnaie fiduciaire, les bitcoins, les actifs tokenisés ou encore les titres numériques pourraient finalement faire l’objet d’analyses distinctes plutôt que d’une interdiction globale.
👉 DUC Mon Avis
Cette actualité illustre parfaitement un phénomène que l’on observe partout dans le monde : la technologie blockchain progresse plus vite que les cadres juridiques, réglementaires ou religieux.
Il est important de distinguer Bitcoin, les stablecoins, les jetons représentant des actifs financiers ou encore les applications construites sur une blockchain. Derrière le terme « cryptomonnaies » se cachent aujourd’hui des réalités très différentes.
Le Pakistan semble justement vouloir engager cette réflexion. Si cette approche aboutit, elle pourrait servir d’exemple à d’autres pays où la conformité religieuse joue un rôle majeur dans les décisions économiques.
✍️ DUC
📌 Source : Reuters Bilal bin Saqib

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