Le pont inter-chaînes reliant Verus à Ethereum a été victime d’une nouvelle attaque ayant permis le détournement d’environ 7,54 millions de dollars en crypto-actifs. Selon les sociétés spécialisées en cybersécurité blockchain Blockaid et CertiK, l’attaquant a exploité la même catégorie de vulnérabilité que celle utilisée lors du piratage de mai 2026.
Cette nouvelle faille intervient moins de deux mois après une première attaque majeure contre le même pont, soulevant des interrogations sur les mesures de sécurité mises en place depuis le précédent incident.
📖 Le pirate du pont Verus restitue 8,5 M$ en ETH
Une vulnérabilité déjà exploitée en mai
D’après Blockaid, cette seconde attaque cible exactement le même contrat intelligent, le même chemin d’importation (« import path ») et la même classe de vulnérabilité que l’exploit découvert le 18 mai 2026.
La différence principale réside dans l’identité de l’attaquant. Blockaid précise que cette fois-ci, l’opération a été menée depuis un nouveau portefeuille, sans lien apparent avec celui utilisé lors de la première attaque.
Comment l’attaque a été réalisée
Selon l’analyse publiée par Blockaid, le pirate a exploité le mécanisme d’importation du pont afin de déclencher des paiements sur Ethereum sans disposer des garanties normalement exigées.
Cette manipulation lui a permis de vider progressivement les réserves du bridge en transférant plusieurs crypto-actifs vers ses propres adresses avant de les convertir en Ether.
Les actifs dérobés
Les réserves du pont contenaient plusieurs actifs numériques qui ont été siphonnés au cours de l’attaque :
- ETH
- tBTC
- USDC
- USDT
- EURC
- MKR
- scrvUSD
Après avoir récupéré ces différents actifs, le pirate les a convertis en Ether afin de simplifier leur transfert et leur dissimulation.
Près de 4 000 ETH transférés vers Tornado Cash
Selon CertiK, les fonds volés ont ensuite été échangés contre environ 3 916,1 ETH.
Ces ethers ont finalement été déposés sur Tornado Cash, un protocole de confidentialité permettant de brouiller les traces des transactions sur Ethereum. Cette étape complique fortement le suivi des fonds par les enquêteurs.
Une deuxième attaque en moins de deux mois
Le précédent piratage du pont Verus-Ethereum remonte au 18 mai 2026. À cette occasion, environ 11,6 millions de dollars avaient été dérobés après la conversion des actifs en près de 5 402 ETH.
Fait inhabituel, l’auteur de cette première attaque avait finalement restitué 4 052 ETH après avoir accepté une prime de bug bounty représentant environ 25 % du montant détourné.
Cette nouvelle attaque démontre toutefois que les corrections apportées depuis le premier incident n’ont pas permis d’éliminer définitivement la vulnérabilité exploitée.
Une sécurité de nouveau remise en question
Le fait que cette seconde attaque exploite la même catégorie de vulnérabilité que celle découverte en mai soulève des interrogations sur l’efficacité des correctifs déployés après le premier incident.
Même si Blockaid précise que l’auteur de cette nouvelle attaque est différent de celui du mois de mai, le recours au même contrat de bridge et au même point d’entrée laisse penser que la surface d’attaque n’a pas été totalement sécurisée.
Au moment de la publication de cette annonce, l’équipe de Verus n’avait pas encore communiqué officiellement sur les circonstances précises de cette nouvelle faille ni sur les mesures qui seront mises en œuvre pour éviter un troisième incident.
Les bridges restent l’une des principales cibles des pirates
Les ponts inter-chaînes figurent depuis plusieurs années parmi les infrastructures les plus visées de l’écosystème crypto. Leur fonctionnement repose sur des contrats intelligents capables de verrouiller des actifs sur une blockchain tout en émettant une représentation équivalente sur une autre.
Cette architecture concentre souvent d’importantes réserves de liquidités. La moindre erreur dans la vérification des messages, des signatures ou des mécanismes d’importation peut permettre à un attaquant de créer des actifs non garantis ou de débloquer des fonds sans contrepartie réelle.
Cette nouvelle attaque contre Verus illustre une nouvelle fois les risques techniques associés aux bridges, même plusieurs semaines après la découverte d’une vulnérabilité similaire.
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Ce nouvel incident rappelle une réalité bien connue de l’écosystème : les bridges restent l’un des maillons les plus fragiles de la finance décentralisée. Lorsqu’un protocole doit faire confiance à plusieurs contrats intelligents et synchroniser des actifs entre différentes blockchains, la complexité augmente considérablement.
L’élément le plus préoccupant dans cette affaire n’est pas uniquement le montant de 7,5 millions de dollars dérobés, mais le fait que la même famille de vulnérabilités ait pu être exploitée une seconde fois après une attaque majeure en mai. Cela montre qu’un correctif incomplet ou insuffisamment testé peut laisser persister un risque important.
Pour les utilisateurs, cet événement rappelle qu’un bridge ne bénéficie pas du même niveau de sécurité que les blockchains qu’il relie. Avant d’y immobiliser des actifs, il est essentiel d’évaluer les risques techniques, les audits disponibles et l’historique de sécurité du protocole.
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