L’influenceur crypto français Michaël Monteverde a raconté, le 5 octobre 2026 devant la justice québécoise, l’agression subie dans un chalet des Laurentides en décembre 2021. Selon son témoignage, des hommes armés l’auraient ligoté et soumis à de violentes pressions pour obtenir l’accès à son téléphone. Ils seraient repartis avec environ 25 000 dollars de cryptomonnaies et une montre Rolex évaluée au même montant.
Un procès cinq ans après l’agression
Le récit a été livré au palais de justice de Saint-Jérôme, au procès de Michael-Eli Moussalem. Ce Montréalais est accusé d’avoir orchestré le vol qualifié, une accusation qu’il conteste et qui n’a pas encore été jugée. Le procès se déroule en son absence : il aurait quitté le Canada pour les États-Unis en 2022 afin d’échapper à la procédure.
Michaël Monteverde, connu en ligne sous le pseudonyme « mickalamasse », se présentait comme l’un des premiers influenceurs français consacrés aux cryptomonnaies. À l’époque, son compte Snapchat rassemblait environ 350 000 abonnés et montrait quotidiennement une vie très exposée. Pendant la pandémie, il avait échangé avec Moussalem avant de le rencontrer au Maroc puis au Mexique.
En décembre 2021, l’influenceur s’est rendu à Montréal et a loué un chalet de luxe dans les Laurentides. Selon sa version, Moussalem lui aurait conseillé de ne pas publier sa localisation, puis aurait quitté les lieux à la dernière minute pour retourner en ville. Les faits rapportés ensuite constituent le témoignage de la victime ; la justice doit encore déterminer les responsabilités de chacun.
Des intrus auraient exigé l’accès aux cryptomonnaies
Dans les heures suivantes, deux hommes vêtus de noir seraient entrés dans sa chambre. Michaël Monteverde affirme avoir été visé par une arme, touché à la tête par un projectile puis retrouvé ligoté avec des attaches en plastique. Les agresseurs l’auraient ensuite soumis à plusieurs tentatives de noyade pour obtenir le mot de passe de son téléphone.
Les deux intrus, qui n’ont pas été identifiés, auraient finalement accédé à environ 25 000 dollars de cryptomonnaies. La plus grande partie des avoirs de l’influenceur n’était pas accessible depuis l’appareil. Une Rolex estimée à 25 000 dollars aurait également été volée.
La victime explique avoir réussi à se libérer puis à rejoindre un poste de police en voiture. Son témoignage devait se poursuivre le 6 octobre. À ce stade, il ne s’agit pas d’un verdict : Moussalem reste présumé innocent tant qu’une décision judiciaire définitive n’a pas établi sa culpabilité.
La compartimentation a limité le vol, pas la violence
Le dossier illustre une « wrench attack », ou attaque par coercition physique. Les criminels ne cherchent pas à casser la cryptographie : ils s’en prennent à la personne susceptible de connaître les mots de passe ou les clés. Ici, l’absence d’accès à la majorité des fonds depuis le téléphone aurait limité le montant dérobé, sans empêcher l’agression.
L’exposition d’un train de vie, d’une localisation ou d’un patrimoine sur les réseaux sociaux peut fournir des indices aux criminels. Ce constat ne transfère aucune responsabilité à la victime : les agresseurs restent seuls responsables de la violence. Il montre néanmoins pourquoi la protection des données personnelles doit accompagner l’autogarde des actifs numériques.
Cette affaire complète notre analyse de la hausse des enlèvements liés aux cryptomonnaies. Elle fait aussi écho à la famille séquestrée à Vendin-le-Vieil pour 40 000 euros en crypto et au cas distinct du négociant en or retenu pendant 18 jours près de Montpellier.
🔍 DUC, mon avis
Le détail le plus utile de ce témoignage est aussi le plus inconfortable : séparer les fonds et limiter leur accès depuis un téléphone peut réduire le butin, mais ne met pas fin à la violence lorsque les agresseurs imaginent qu’une fortune reste disponible. La sécurité technique et la sécurité physique répondent à deux risques différents.
Pour une personne très exposée, publier moins d’indices sur ses avoirs et ses déplacements, éviter de centraliser tous les accès sur un seul appareil et prévoir un protocole d’alerte avec ses proches sont des mesures essentielles. Mais aucune stratégie ne doit présenter la résistance physique comme une obligation : face à un danger immédiat, la priorité reste toujours la protection des personnes.
✍️ DUC
📌 Sources : Journal de Montréal · Journal du Coin
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