Adena Friedman estime que la tokenisation pourrait libérer des dizaines de milliards de dollars aujourd’hui immobilisés comme garanties. La directrice générale du Nasdaq vise notamment les obligations d’État, les actions, les fonds monétaires et les flux de paiement.
Des garanties immobilisées dans un système fragmenté
Les banques et les institutions financières déposent des actifs en garantie pour couvrir leurs engagements. Cependant, ces garanties restent souvent réparties entre plusieurs intermédiaires, chambres de compensation et infrastructures. Les établissements conservent alors des réserves supplémentaires pour répondre rapidement aux appels de marge.
Selon Adena Friedman, la tokenisation rendrait ces actifs plus faciles à déplacer. Une représentation numérique enregistrée sur une infrastructure partagée pourrait circuler plus rapidement entre les acteurs autorisés. Le même capital serait ainsi mobilisé avec moins de délais et moins de surdimensionnement.
Obligations, actions et fonds monétaires concernés
La dirigeante du Nasdaq cite les bons du Trésor, les actions et les fonds monétaires parmi les actifs concernés. Leur tokenisation pourrait faciliter les transferts continus et rapprocher le règlement financier d’un fonctionnement permanent. Elle ne supprimerait toutefois ni les exigences de garantie ni le risque de marché.
La tokenisation consiste à représenter un actif ou un droit sur un registre numérique. La qualité du jeton dépend donc des droits juridiques réellement attachés à cette représentation, de la conservation de l’actif et de la possibilité de le convertir.
Le Nasdaq prépare déjà son infrastructure
Le Nasdaq développe un modèle d’actions tokenisées qui doit préserver les droits des actionnaires et le contrôle des sociétés émettrices. L’entreprise prévoit un fonctionnement opérationnel en 2027. Elle travaille également avec Payward, la maison mère de Kraken, pour relier les marchés réglementés aux infrastructures onchain.
Cette stratégie rejoint d’autres expérimentations institutionnelles, comme le projet Pythagore mené par Euroclear et la Banque de France. Les grands acteurs cherchent surtout à réduire la fragmentation du règlement et à mieux faire circuler les garanties.
Une promesse, pas encore des milliards libérés
Le montant avancé reste une estimation d’Adena Friedman. Aucun bilan ne démontre encore que la tokenisation a déjà libéré ces dizaines de milliards. Le résultat dépendra de l’adoption des infrastructures, de leur interopérabilité et des règles appliquées dans chaque juridiction.
Un règlement plus rapide peut aussi demander une gestion des risques presque instantanée. Les institutions devront donc adapter leurs contrôles, leur liquidité et leurs systèmes de surveillance. Une technologie disponible en continu ne rend pas automatiquement chaque actif adapté au trading permanent.
🔍 DUC, mon avis
La tokenisation peut rendre la finance traditionnelle plus rapide et plus efficace. Cependant, elle ne transforme pas automatiquement un actif centralisé en actif décentralisé. Contrairement à Bitcoin, ces jetons resteront liés à un émetteur, à un dépositaire et à un cadre juridique. Le progrès sera réel si les droits sont clairs et le règlement effectivement plus simple.
En bref
Adena Friedman estime que la tokenisation pourrait libérer des dizaines de milliards de dollars immobilisés en garanties. Le Nasdaq prépare des actions tokenisées et des infrastructures de règlement continu. Toutefois, ce potentiel reste à démontrer à grande échelle.
✍️ DUC
📌 Sources : CNBC — entretien avec Adena Friedman · Nasdaq
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