Recevoir une partie de son salaire en cryptomonnaie n’est plus seulement une idée de conférence Web3 avec café tiède et badge fluorescent. Selon une étude publiée par Oobit, une part croissante des salariés se dit désormais ouverte à cette possibilité.
Pour mieux comprendre cette évolution, Oobit a interrogé 1 004 employés à temps plein sur leur expérience, leur perception et leur intérêt pour la rémunération en actifs numériques. Résultat : l’intérêt existe réellement, l’usage est déjà là dans certains cas, mais plusieurs freins restent encore bien présents.
43 % des salariés se disent ouverts à un salaire partiellement versé en crypto
Premier enseignement de l’étude : 43 % des employés se disent intéressés par la possibilité de recevoir une partie de leur salaire en cryptomonnaie.
Et sans surprise, cet intérêt grimpe fortement chez les personnes déjà familières avec le secteur :
- 57 % des personnes ayant déjà possédé des cryptomonnaies se disent intéressées
- les traders ou investisseurs actifs en crypto sont plus de trois fois plus intéressés que ceux qui n’en ont jamais détenu : 86 % contre 27 %
Autrement dit, plus une personne connaît la crypto, plus elle semble prête à envisager de l’intégrer dans sa rémunération.
📖 Oklahoma : paiement des salaires et fournisseurs de l’État en Bitcoin
Les jeunes salariés sont les plus réceptifs
L’intérêt est plus fort chez les plus jeunes générations, même s’il ne se limite pas à elles.
Voici les résultats par tranche générationnelle :
- Génération Z : 46 %
- Millennials : 45 %
- Génération X : 35 %
Sur la question des actifs préférés pour une éventuelle rémunération en crypto, les répondants ont placé :
- Bitcoin en tête avec 46 %
- les stablecoins avec 11 %
- l’Ethereum avec 5 %
- et 14 % n’ont pas exprimé de préférence
Ce détail est intéressant : le Bitcoin reste très largement l’actif le plus identifié dans l’esprit des salariés, bien devant les autres options.

32 % accepteraient d’être payés en crypto dès demain
L’étude montre aussi qu’il existe une vraie ouverture à court terme. Si leur employeur proposait dès demain une option de paie en cryptomonnaie, 32 % des salariés interrogés affirment qu’ils l’accepteraient.
Et parmi les salariés favorables à ce mode de rémunération, la part moyenne idéale de salaire versée en crypto serait de 27 %, contre 73 % en dollars américains.
Autrement dit, la majorité des personnes intéressées ne souhaitent pas basculer dans un salaire 100 % crypto. Elles veulent surtout une exposition partielle, flexible et contrôlée.
La paie en crypto peut aussi devenir un argument de recrutement
Autre enseignement intéressant : pour certains salariés, la rémunération en cryptomonnaie peut devenir un élément différenciant dans le choix d’un emploi.
Selon l’étude :
- 16 % des répondants déclarent qu’une option de paie en crypto les rendrait plus enclins à accepter une offre d’emploi
- 11 % se disent même prêts à accepter une baisse de salaire de 1 % à 5 % en échange d’une partie de leur rémunération versée en crypto
- chez les traders actifs, ce chiffre monte à 26 %
Ce point montre que, pour une partie de la population active, la crypto commence à être perçue non plus seulement comme un actif spéculatif, mais comme un élément d’avantage salarial.
Un salarié sur cinq a déjà été payé en cryptomonnaie
La rémunération en crypto n’est pas seulement une projection théorique. Elle existe déjà dans la pratique pour une part non négligeable des travailleurs interrogés.
Selon Oobit, 20 % des salariés interrogés déclarent avoir déjà été payés en cryptomonnaie pour un travail quelconque.
Cette proportion grimpe également chez les plus jeunes :
- Génération Z : 23 %
- Millennials : 21 %
- Génération X : 16 %
Encore plus intéressant : parmi ceux qui ont déjà reçu une rémunération en crypto, 78 % se disent satisfaits de l’expérience.
La paie en crypto existe surtout en dehors des emplois classiques
L’étude montre toutefois que ces paiements sont encore très majoritairement réalisés hors des systèmes de paie traditionnels.
Les cas les plus fréquents sont :
-
- 30 % les ont transférés vers un autre portefeuille
-
- 29 % les ont convertis immédiatement en dollars américains
-
- 29 % les ont détenus temporairement avant conversion
-
- 25 % les détiennent encore intégralement
-
- 24 % les considèrent comme un investissement à long terme
-
- 16 % les ont dépensés directement en biens ou services
-
- seuls 7 % des salariés indiquent que leur employeur propose aujourd’hui une option de paie en crypto
-
- alors que 20 % souhaiteraient que ce soit le cas
-
- volatilité des prix : 50 %
-
- préférence pour la monnaie traditionnelle : 35 %
-
- difficulté à dépenser les cryptos : 32 %
-
- manque de confiance : 28 %
-
- complexité fiscale : 22 %
-
- préoccupations liées à la sécurité : 22 %
-
- manque de compréhension : 19 %
-
- une réglementation plus claire : 30 %
-
- une contribution de l’employeur ou des primes : 28 %
-
- des options de conversion simplifiées en dollars américains : 24 %
-
- 27 % pensent que la paie en crypto pourrait devenir courante d’ici cinq ans
-
- 20 % estiment qu’il faudra entre 6 et 10 ans
-
- 17 % pensent que cela prendra plus de 10 ans
-
- des options flexibles
-
- une conversion simple
-
- des outils pratiques
-
- et des actifs plus stables comme les stablecoins
En clair, la paie en crypto s’installe d’abord là où les cadres de rémunération sont déjà plus souples : freelancing, side hustles, missions ponctuelles et activités secondaires.
Que font les salariés de leur crypto une fois payés ?
Les salariés qui ont déjà reçu des paiements en crypto ne les utilisent pas tous de la même manière. L’étude montre une grande diversité de comportements.
Voici ce qu’ils déclarent avoir fait de ces fonds :
Ce point est essentiel : recevoir une paie en crypto ne signifie pas forcément vouloir la conserver. Beaucoup de salariés veulent surtout garder la liberté de convertir, déplacer ou investir selon leur propre logique.
Les employeurs restent encore très en retard
Malgré l’intérêt affiché, l’offre réelle des entreprises reste encore très limitée.
Selon l’étude :
On voit donc clairement un décalage entre la demande potentielle et l’offre actuelle.
Pour l’instant, la paie en crypto reste une niche. Mais cette niche commence visiblement à attirer davantage de salariés que beaucoup d’employeurs ne l’imaginent.
La volatilité reste le principal frein
Sans surprise, l’étude montre que la volatilité reste l’obstacle numéro un à l’adoption plus large de la rémunération en crypto.
Parmi les principales préoccupations citées par les répondants :
Au total, 88 % des personnes interrogées se disent au moins quelque peu préoccupées par les variations de prix.
Et franchement, on peut les comprendre : être payé le lundi et découvrir le jeudi que ton salaire a pris une claque de 12 %, ce n’est pas forcément le rêve absolu de la comptabilité moderne.
Ce qui pourrait rassurer les salariés
Oobit a aussi demandé aux répondants ce qui pourrait rendre la rémunération en crypto plus rassurante et plus acceptable.
Les réponses les plus fréquentes sont :
Ce point est très important, car il montre que les salariés ne demandent pas forcément plus de “révolution”, mais surtout plus de simplicité, de stabilité et de contrôle.
La paie en crypto pourrait-elle se démocratiser rapidement ?
Sur la question du calendrier, les salariés interrogés restent partagés, mais plutôt ouverts à l’idée d’une adoption progressive.
Selon l’étude :
Ce n’est donc plus vu comme une simple fantaisie de niche, mais comme une évolution plausible de la rémunération, au moins pour certains profils et certains secteurs.
Ce que cela signifie pour les employeurs
Le message envoyé par cette étude est assez clair : la demande existe, mais elle ne porte pas sur une paie 100 % crypto imposée à tout le monde.
Les salariés semblent surtout intéressés par :
Pour les employeurs, cela signifie que la paie en crypto ne remplacera probablement pas les systèmes classiques du jour au lendemain. En revanche, elle pourrait devenir un avantage différenciant pour certaines catégories de talents, notamment dans les environnements internationaux, technologiques ou plus flexibles.
👉 🔍 DUC Mon Avis : le vrai sujet, ce n’est pas “tout en crypto”, c’est la liberté de choix
À mon avis, cette étude montre quelque chose de très important : les salariés ne demandent pas forcément à être payés comme des cow-boys du bull market. Ce qu’ils veulent surtout, c’est plus de liberté dans la manière de recevoir, stocker et utiliser leur rémunération.
Le chiffre le plus intéressant, pour moi, ce n’est même pas les 43 % d’intérêt. C’est le fait que la plupart des gens favorables à la paie en crypto veulent seulement une partie de leur salaire en actifs numériques. Cela montre une approche beaucoup plus mature qu’on pourrait le croire.
Et surtout, le fait que Bitcoin arrive largement en tête dans les préférences n’est pas anodin. Cela confirme encore une fois que, dans l’esprit du grand public, quand on parle de crypto sérieuse, le réflexe principal reste Bitcoin.
Le vrai frein reste évidemment la volatilité. Et c’est précisément pour cela que les stablecoins, les outils de conversion instantanée et les solutions de paiement simples pourraient jouer un rôle énorme dans les prochaines années.
En résumé : non, demain tout le monde ne voudra pas être payé en crypto. Mais oui, la rémunération en actifs numériques est déjà sortie du délire marginal. Elle commence à devenir un vrai sujet de travail, de recrutement… et bientôt peut-être de normalité.
✍️ Article rédigé par DUC
📌 Source : Oobit
En savoir plus sur Actualités Bitcoin – Bitcoin-Crypto.fr
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.