Réseaux blockchain séparés par un bouclier cryptographique illustrant le projet post-quantique de Starknet

Starknet envisage de devenir une Layer 1 post-quantique

Starknet étudie une transformation majeure : quitter son statut de Layer 2 d’Ethereum pour devenir une blockchain Layer 1 indépendante. Eli Ben-Sasson, cofondateur et dirigeant de StarkWare, présente cette piste comme un moyen d’accélérer la transition post-quantique du réseau dès 2027. Le projet reste toutefois exploratoire et devra obtenir l’accord de la gouvernance de Starknet.

Starknet envisage une rupture avec Ethereum

Starknet fonctionne aujourd’hui comme une solution de seconde couche d’Ethereum. Le réseau exécute ses transactions séparément, puis publie ses données d’état sur Ethereum sous forme de « blobs ». Cette architecture lui permet de profiter du règlement et de la disponibilité des données assurés par la blockchain principale.

Le 8 octobre 2026, Eli Ben-Sasson a demandé publiquement si Starknet devait devenir une Layer 1 afin de gagner en « agilité post-quantique ». Starknet a ensuite confirmé étudier activement cette possibilité et a évoqué 2027 comme objectif pour devenir un réseau entièrement résistant aux attaques quantiques.

Cette échéance ne constitue pas encore un calendrier approuvé. Aucun vote de gouvernance, plan de migration définitif ou date de séparation d’Ethereum n’a été annoncé.

Pourquoi le statut de Layer 2 limite la transition post-quantique

La technologie de preuve STARK utilisée par Starknet repose principalement sur des fonctions de hachage, et non sur la cryptographie à courbes elliptiques que l’algorithme de Shor pourrait théoriquement fragiliser. Cette caractéristique donne au réseau une base favorable, mais elle ne rend pas toute son infrastructure automatiquement résistante au quantique.

Deux dépendances externes restent liées à Ethereum. La messagerie du pont entre les deux réseaux utilise des opérations secp256k1 et secp256r1, tandis que les blobs EIP-4844 reposent sur des engagements KZG. StarkWare considère ces éléments comme vulnérables à un ordinateur quantique suffisamment puissant.

Dans sa feuille de route publiée le 30 juin, StarkWare prévoyait d’attendre la migration post-quantique d’Ethereum pour traiter ces dépendances. Devenir une Layer 1 donnerait à Starknet la maîtrise de l’ensemble de sa pile cryptographique, sans dépendre du calendrier d’un autre réseau. Pour comprendre les travaux menés en parallèle par Ethereum, consultez notre article sur la préparation du staking d’Ethereum au risque quantique.

Une feuille de route en trois étapes

La première phase doit remplacer le hachage Pedersen par BLAKE2 pour les engagements d’état, les adresses de contrats et certains paramètres du réseau. StarkWare prévoit aussi des signatures de consensus post-quantiques, avec Falcon-512 cité comme piste technique.

La deuxième phase vise les contrats déjà déployés. Des outils de migration doivent permettre aux développeurs d’adapter leurs applications sans déplacer manuellement toutes leurs données ni casser leurs interfaces.

La troisième phase concerne précisément les liens avec Ethereum : la messagerie du pont et la disponibilité des données. C’est cette dernière étape qui pourrait être accélérée par une transformation en Layer 1 indépendante.

L’indépendance apporterait aussi de nouveaux risques

Quitter Ethereum permettrait à Starknet de choisir plus rapidement ses primitives cryptographiques et son rythme de migration. En contrepartie, le réseau devrait assurer seul son consensus, sa sécurité économique et la disponibilité de ses données, tout en convainquant les applications et les utilisateurs de suivre la transition.

Le changement modifierait également le positionnement de Starknet. Une Layer 2 bénéficie du lien avec l’écosystème Ethereum ; une Layer 1 doit défendre sa propre sécurité et sa propre liquidité. La résistance post-quantique ne suffit donc pas, à elle seule, à démontrer qu’une séparation serait préférable.

🔍 DUC, mon avis

Starknet possède un avantage technique réel grâce aux preuves STARK et à l’abstraction native des comptes. Toutefois, annoncer 2027 comme objectif ne signifie pas que le réseau est déjà entièrement protégé, ni qu’une Layer 1 sera nécessairement plus sûre dans tous les domaines.

Le choix devra comparer deux risques : attendre la migration d’Ethereum ou renoncer à une partie de sa sécurité d’ancrage. Je considère cette réflexion sérieuse, mais encore trop préliminaire pour présenter la séparation comme acquise. La gouvernance, l’architecture du consensus et le plan de migration des actifs seront les véritables tests.

En bref

Starknet envisage de devenir une Layer 1 indépendante afin de contrôler toute sa transition post-quantique et vise 2027. Ses preuves STARK sont déjà conçues autour de fonctions de hachage, mais le réseau dépend encore d’Ethereum pour son pont et ses blobs. Aucune décision définitive n’a été votée.

✍️ DUC
📌 Sources : Eli Ben-Sasson · StarkWare · Yahoo Tech · Cryptoast

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